Déclaration commune des assises de Nanterre (du 15 juin 2018) sur l'enseignement de la philosophie en lycée et à l'université

Publié le : 20/08/2018

 

Déclaration commune des assises de Nanterre du 15 juin 2018

sur l'enseignement de la philosophie en lycée et à l'université

 

Si la composante syndicale de ces assises demande le retrait pur et simple des réformes [chapitre 1] en ce qu’elles représentent un danger pour l’enseignement de la philosophie [chapitre 2], nous* demandons que soient entendues les revendications énoncées ci- dessous  [chapitre  3]  et  faisons  les  contre-propositions  suivantes  [chapitre  4]. [*selon nos champs de représentativité respectifs et selon nos mandats]

Chapitre 1 : la demande préalable des OS

Les organisations syndicales présentes (CGT Educ’action, SNES-FSU, SNESUP-FSU, SNFOLC, SUD Education), constatant que les réformes dites Vidal-Blanquer ( accès à l’enseignement supérieur, baccalauréat et lycée ) font système, demandent leur retrait.  Elles appellent à l’ouverture de véritables discussions sur ces différents points, obéissant    à un calendrier compatible avec la prise en compte sincère des  propositions  des différentes parties prenantes.

Chapitre 2 : une mise en danger de l'enseignement de la philosophie

4 dégradations immédiates : 1) l’alourdissement prévisible des effectifs dans les classes de tronc commun du lycée Blanquer (suite à la suppression des séries générales), 2) un enseignement approfondi de la philosophie marginalisé à travers la spécialité « humanité, littérature et philosophie » (faute d'être financé à hauteur  de  l'horaire  annoncé,  la  réforme du lycée se faisant à moyens constants) , 3)  l’absence  de  dédoublements  en séries technologiques aggravant la situation laissée par la réforme Chatel, 4) une mise en concurrence universelle (entre les lycées, les personnels et les disciplines…).

les effets néfastes de parcoursup (associé à la réforme du baccalauréat et du lycée), quant à l'orientation des étudiants vers les départements de sciences humaines (dont le département de philosophie), alors que la philosophie au lycée sera pour le plus grand nombre, cantonnée à un enseignement de 4h (suite à la disparition de la série L dont provient plus de la moitié des étudiant en philosophie).

la mise en danger des départements de philosophie des petites et moyennes universités, dont la survie sera subordonnée par la loi ORE (et son amendement Grosperrin) à une obligation d’insertion sur le marché du travail. Mais aussi, le risque de  voir  l’enseignement de la philosophie dans le supérieur, hormis quelques îlots d’excellence préservés dans de grosses structures, se  réduire  au  rang  d’enseignement  supplétif  adossé à des formations autres que philosophiques.

la mise en concurrence des universités, logique inscrite depuis  le  début  des  années 2000 dans la stratégie dite « de Lisbonne », relayée par la réforme LRU de 2007  et 2013  et dont la sélection à l'entrée de l’université n’est qu’une conséquence (en attendant la libéralisation des frais d’inscriptions sur le modèle anglo-saxon).

Chapitre 3 : des revendications communes * !

[*certaines organisations syndicales ne sont pas mandatées sur les points qui suivent, le temps nous a donc manqué pour aboutir à un texte commun au-delà des chapitres 1 et 2. Aussi, les chapitres 3 et 4 n’engagent pas la FNEC FP-FO ni la CGT éduc’action qui ne souhaitent d’aucune façon, laisser entendre qu’elles valident ou aménagent la réforme Blanquer. Par ailleurs, SUD éducation ne s’engage pas sur le chapitre 4]

Nous rappelons que l’enseignement de la philosophie, suppose un cadre scolaire (lycée, université) où la laïcité et le libre usage de la raison font loi et donc, sont garantis par la  loi. Cette garantie passe par un financement public et par la défense du statut de la fonction publique, autant de points menacés par ce qu’on nous présente aujourd’hui, comme des réformes censées protéger ce qu’elles détruiront à coup  sûr, si  nous  ne faisons rien.

Ces assises réaffirment donc leur volonté de rendre « la philosophie populaire », projet émancipateur indissociable de la défense d’un service public d’éducation ambitieux.

 

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